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Pix'n Love
L'Histoire de Sonic The Hedgehog

Ca a fait un peu le tour de l’actualité, et on a en aussi parlé sur NintenDomaine : Pix’n Love a sorti un livre officiel sur l’Histoire de Sonic, le 25 avril dernier. Un gros livre de presque 300 pages, avec des infos à gogo, la création du personnage, des interviews, une rétrospective de tous les jeux du hérisson, etc... Mais tout cela, ça ne s’est pas fait tout seul ! Alors pour le coup, j’ai posé quelques questions à Régis Monterrin, l’un des auteurs principaux du livre.

Rédigé par Frostis Advance
18/05/2012

Interview de Régis Monterrin

Comme tu fais partie de ce que j'appelle “les hommes de l’ombre”, tu vas passer par la case présentation, parce que même si on se connait, je doute que les lecteurs de NintenDomaine te connaissent. Tu peux te présenter à eux, avec ton parcours ?

Ok, alors, je m’appelle Régis Monterrin, j’ai bientôt 31 ans, et je vis à Vannes, dans le Morbihan. J’ai commencé à bosser en tant que rédacteur freelance en 2004 pour le magazine GameFan (dans le numéro 5), avec des tests de jeux rétro. Par la suite, j’ai été amené à bosser pour FJM qui éditait des magazines comme Consoles News, Gameplay 128 et quelques hors-séries (E3, soluces, etc...). Mais FJM a mis la clé sous la sous la porte en septembre 2006, et en décembre de la même année, j’ai été appelé pour travailler sur le magazine RPG Online, pour une preview d’un jeu obscur et un gros dossier de 18 pages sur Warhammer (ça m’a marqué), puis sur GamePlay RPG. A partir de mars 2007, je me suis retrouvé à gérer les deux magazines... donc en fait, la parution de deux magazines par mois. Ca a duré jusqu’en mai, ensuite, ça s’est calmé avec la production d’un seul mag. Je t’avoue que j’ai bien morflé, mais ça a été passionnant et cette aventure a duré deux ans.

Au cours de l’année 2007, alors que je travaillais pour GamePlay RPG, j’ai fait la rencontre de deux anciens de GameFan à Montparnasse, à savoir Marc Pétronille et Florent Gorges. Et eux, ils étaient sur un nouveau projet : Pix’n Love. Ils m’ont montré un classeur avec des ébauches, des maquettes, des concepts, et j’avais trouvé ça génial. J’ai donc commencé à travailler pour Pix’n Love à partir du numéro 5, en produisant un dossier sur NiGHTS into Dreams sorti sur Saturn... jusqu’à maintenant, avec le prochain numéro 20. Mais je suis aussi en freelance pour d’autres supports, comme IG Magazine, ou encore le site Total Manga sur lequel j’occupe le poste de rédacteur en chef Jeux Vidéo.

Ah ouais, t’as presque un parcours aussi tordu que le mien ! Mais du coup, comment est venue l’idée complètement folle de faire un livre exclusivement sur Sonic ?

L’idée date de fin aout/début septembre 2009. A l’époque, William Audureau, auteur du livre l’Histoire de Mario, m’a contacté. Il m’a dit “Régis, j’ai un projet. Je veux créer une nouvelle collection de livres pour Pix’n Love, et cette collection porterait le nom de Qui es-tu ?”. A la base, ça devait être des petits livres, pas forcément très grand public, se concentrant sur un seul et unique personnage. On aurait donc eu des numéros sur Lara Croft, ou même Ryu de Street Fighter, Ryo de Shenmue, Duke Nukem, Samus Aran de Metroid, etc... J’ai donc été amené à bossé sur un des livres en préparation : celui sur Sonic.

Mon job était de raconter la création du personnage et son évolution au travers des divers jeux de la série, jusqu’à grosso modo le dernier jeu en date (à l’époque), à savoir Mario et Sonic aux Jeux Olympiques. Après les premières maquettes, les premières ébauches, on s'est rendu compte que le projet avait pris pas mal de retard. On arrivait déjà à l’été 2010, et la décision de sortir un petit livre Sonic était un peu dommage, sachant que le hérisson allait fêter ses 20 ans un an plus tard (il est né le 23 juin 1991). Du coup, on a décidé de faire un livre beaucoup plus conséquent pour marquer le coup. Et puis avec quelques mois de boulot derrière, j’avais déjà plus de 40 pages en stock. Au fil du temps, le projet évoluant, SEGA France est arrivé dans la danse, et l’ouvrage a donc pu passer sous licence.

A partir de là, je ne pouvais plus faire tout le travail tout seul, et j’ai été rejoint par d’autres rédacteurs, à savoir Marc Pétronille, Benjamin Peray, Corentin Lamy, Douglas Alves ou encore Kevin Feuillois (Docteur Lakav). Pour le reste, William se chargeait toujours de la coordination du livre, et Florent Gorges de la relecture avec Sébastien Mirc. J’oublie forcément des noms, mais ils sont tous notés en première page du livre. Mine de rien, du premier mot posé sur une page, jusqu’au tout dernier avec la validation de SEGA, cette aventure aura duré presque trois ans.

En parlant de SEGA, de la validation et du passage en licence, c’était vraiment important ? Ca a peut-être été plus simple aussi, non ?

En fait, le passage en licence a été très bénéfique. Que ce soit pour Pix’n Love pour prendre de l’importance, mais aussi pour SEGA afin d’avoir un livre vraiment beau et complet pour les 20 ans de Sonic. C’est d’ailleurs grâce à SEGA France qu’on a pu décrocher les interviews exclusives de Yuji Naka, Naoto Oshima et Takashi Iizuka. Ils nous ont été d’une grande aide, même si cela a pris du temps.

En fait, et ça intéressera sûrement les lecteurs, il faut savoir que le passage sous licence n’est pas juste un sceau de SEGA sur le livre. Il faut vraiment faire valider chaque mot. Du coup, nous avons dû traduire le livre intégralement en anglais pour l’envoyer à SEGA Japan, puis à SEGA of America, puis à SEGA Europe, et enfin, une nouvelle fois à SEGA Japan.

De même, il ne faut pas s’imaginer que c’est SEGA qui a écrit les textes et posé les artworks ici et là. En fait, ils ont validé les textes, pour le reste, nous avons dû nous débrouiller un peu tout seuls, puisque le FTP de SEGA ne propose que des médias de jeux Sonic sortis récemment. On a donc fait le tour du net pour trouver des images, c’était un vrai boulot de fourmis. Ensuite, les maquettistes de Pix’n Love ont effectué un travail de restauration sur les images. Ne me demande pas comment ils ont fait, j’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que le boulot effectué est vraiment à tomber par terre. Par exemple, sur les pages 22 et 23 sur lesquelles on voit les premiers artworks de l’élaboration de Sonic (voir les photos plus bas), mais en vrai, ils sont dégueulasses. On a jamais pu trouvé une image potable. Alors que dans le livre, ils sont somptueux. Je tiens donc à souligner ce boulot monstrueux des maquettistes, sans quoi le livre n’aurait pas cette tête-là.

Sinon, et c’est d’ailleurs aussi pour ça que j’ai voulu t’interviewer, ça ne te fait pas “mal au coeur” de voir des remarques négatives sur ce livre ?

En fait, le lecteur voit le produit final, mais il ne se doute pas un seul instant que ça a été un boulot de tous les jours pendant trois ans. Des fois, je passais une demi-journée à chercher un artwork, ou une info, parce que SEGA c’est un peu comme Nintendo : un coffre-fort. Du coup, on a pas tellement d’images, et on doit se débrouiller en fouillant le net au travers d’articles super vieux sur des sites US ou Japonais, mais aussi dans des vieux magazines, des vidéos, des reportages d’époque. J’ai même fait jouer mes relations pour avoir des anecdotes inédites, afin d’agrémenter le livre de plein d’infos. De même pour les interviews qu’on a fait grâce à SEGA France, Yuji Naka, Naoto Oshima et Takashi Iizuka ont dit des choses qu’ils n’avaient jamais dit avant ! De la vraie exclu quoi.

Au final, nous avons pris le choix d’écrire un livre sur Sonic, à destination du grand public. Pas forcément pour le connaisseur, qui va chercher la petite bête, mais au joueur qui aime la licence sans vraiment la connaître par coeur. Je pense qu’un livre de 296 pages c’est déjà conséquent et c’est tout de même mieux qu’un pavé de 700 pages pesant 3kg, rien que pour le confort de lecture.

Ouais et puis, une licence comme Sonic, c’est un peu comme Mario. A un moment donné, il faut s’arrêter. Il faut se donner une sorte de deadline dans la chronologie, sinon, tu ne t’arrêtes jamais d’écrire et ton livre ne sort jamais.

C’est complètement ça ! T’as tout compris ! En tout cas, on a essayé de faire un livre le plus beau et complet possible, tout en gardant nos avis (on a bien sabré le Sonic de 2006 par exemple). Je pense très sincèrement que le pari est réussi.

On va revenir à ton taf sur le livre. En gros, tu as écrit quoi dedans ? Comme tu n’as pas été seul...

Globalement, toute la partie histoire (avec des rajouts ajoutés à droite et gauche par mes compères) et un soupçon de jeux 2D, 3D et spin-off, pour terminer par la totalité des personnages.

Ah tiens d’ailleurs concernant les personnages, je dois avouer que même moi qui connais un peu la série (je suis un pas grand fan comme pour The Legend of Zelda, je dois l’avouer), j’ai appris des trucs. Je ne pensais qu’il y avait autant de personnages dans la série !

Tient bah j’ai une anecdote à te raconter. En fait, je n’ai pas écrit une vingtaine de personnages, comme c’est le cas dans le livre. J’en ai écrit entre 70 et 80. Mais ce qu’il s’est passé, c’est qu’on a préféré diminuer le nombre de personnages présents dans le livre, pour présenter leur évolution à travers le temps. Et franchement, c’est pas plus mal. En fait, trop de personnages auraient tué le personnage. Et puis certains personnages ne sont pas forcément très intéressants, et n’ont pas évolué au fil du temps.

Allez, t’as bien une autre anecdote croustillante ?

Hum... ah oui ! La couverture du livre, tu l’aimes bien ?

Ouais, elle est classe !

Et bien en fait, ce n’est pas celle qu’on avait à la base. La première couverture était cool aussi, mais SEGA Japan l’a refusée. On avait utilisé trois artworks différents pour la faire. On pouvait y voir un gros anneau doré, la main de Sonic qui le tient, et Sonic de Sonic Adventure. Mais voilà, ça a été refusé, et SEGA Japan nous a demandé de choisir un artwork existant.

Tient et sinon, on parle de SEGA of America et de SEGA Japan là, mais une sortie du livre est-elle prévue dans ces pays ? Je me souviens avoir vu des gars sur Go Nintendo être dégoutés de ne pas savoir lire le français (quand ils ont repris ma news).

Et bien, comme le livre a été traduit en Anglais britannique et Anglais US, il y a de fortes chances pour que ça sorte là-bas, via Pix’n Love Publishing. Quant au Japon, je ne sais pas. Faudrait voir avec les boss de Pix’n Love pour le savoir! En tout cas, je ne crois pas qu’il existe un livre aussi complet... On m’a parlé d’un certain Games Master Sonic 20th Anniversary Collector’s Edition Magazine (130 pages), qui est sorti l’année dernière. Mais les deux livres ne sont absolument pas comparables.

Bon allez, parce qu’il faut bien terminer un jour l’interview, je vais te poser une question à deux balles ! Comme... c’est quoi ton épisode de Sonic préféré ? Ton coup de coeur.

J’ai connu Sonic sur 8 bits, sur Master System II (cf sa compagne : vantard!). J’avais eu la console avec Alex Kidd d’intégré et on avait acheté Sonic the Hedgehog à 395F (60,20€). Quand j’y repense, c’est 395F pour 40 minutes de jeu !

En fait, la version 8 bits m’a marqué parce qu’elle a été développée par le studio Ancient, le graphic design a été fait en partie par Ayano Koshiro, la soeur du célèbre compositeur Yuzo Koshiro. Mais surtout, ce dernier a fait un boulot admirable sur cette version, puisqu’il a bien entendu réarrangé les musiques pour la Master System, mais surtout, il a composé des musiques inédites. C’est pour toutes ses petites choses que je préfère la version Master System. C’est totalement subjectif, et c’est sûrement un peu de nostalgie pour mon tout premier Sonic !

Eh bien, ce fut une longue discussion (1h55 !) et je te remercie mille fois de m’avoir donné de ton temps.

Mais merci à toi Fro !

Et le livre dans tout ça ?

Je vais maintenant donner mon avis perso sur ce livre, que je suis en train de terminer de lire (oui, je prends mon temps). Déjà, il en impose. Ca doit sûrement venir de son format panoramique en 21x23cm, mais aussi du nombre conséquent de pages. Très franchement, je ne pensais pas qu’on pouvait en écrire autant sur le petit hérisson bleu de SEGA. Maintenant, il ne faut pas se dire que c’est 296 pages de texte à fond les ballons hein ! Puisqu’en effet, le texte est très bien mis en valeur, avec bon nombre d’artworks et d’images des jeux.

Côté mise en page justement, je dispose de la version collector. Concrètement, à part la couverture qui change, le contenu est le même. Et cette couverture est pour moi le seul défaut ! Parce que oui, il y a un défaut, et pas des moindres : les traces de doigts. La couverture a beau être cartonnée limite “caoutchouc”, la typographie de l’illustration dorée à chaud, le tout tiré à 2000 exemplaires (j’ai le numéro 1100), il n’en reste pas moins le souci des traces de doigts sur la couverture. Perso, je ne vois plus que ça. C’est dommage. Je note aussi que le logo semble déjà en prendre un coup, et j’ai l’impression qu’il ne durera pas dans le temps, sauf si j’en prends grand soin. En clair : la version “normale” est peut-être un meilleur choix. De même, un marque page, ça aurait été cool...

Pour ce qui est du contenu, on ne peut pas dire que les choses aient été faites à moitié. On a le droit à ceci :

Il reste donc 7 pages de “rien du tout”, avec la préface et les licences. Ca fait donc beaucoup de contenu, très bien agencé et bien pensé. Je ne me suis jamais retrouvé sur une page en me disant “c’est moche”. Non, tout est classe. D’ailleurs, la grande classe extrême, c’est la petite animation de Sonic en bas de page, à côté de la numérotation ! Je dois avouer avoir passé 5 minutes à feuilleter les pages rapidement pour découvrir ces animations.

J’ai appris des trucs sur ce que j’ai lu. Des petites anecdotes ici et là, des informations historiques que je ne connaissais pas forcément, etc... Je ne connais pas aussi bien Sonic que je connais Mario, du coup, ça semble logique. Alors quand je vois des commentaires sur le net critiquant le livre sur ces informations, ça me fait doucement rire...

Là, j’en suis arrivé aux jeux spin-off. Et chose bien pensée aussi : on ne se tape pas plusieurs pages sur des jeux de merde. Parce que Sonic, c’est pas que les trois premiers épisodes, c’est aussi des SEGA Tennis machin, Sonic aux JO, etc... En gros, les épisodes les plus importants sont très bien détaillés, bien souvent sur 4 pages. Quant aux plus petits, c’est souvent qu’une seule page, et c’est très bien comme ça.

Maintenant, il est clair que le livre ne propose pas toutes les informations possibles sur Sonic. Il manque forcément quelques apparitions du hérisson dans d’autres jeux, mais au final, ça fait une tonne d’informations regroupées dans 296 pages.

Je peux donc dire que le livre vaut l’achat. C’est pas super donné, c’est tout de même 30€, mais la qualité est là, bien présente, sur chaque page. La lecture se fait facilement, c’est bien écrit, c’est super beau... Bref, je conseille à tous d’aller faire un tour sur le site de Pix’n Love, et plus particulièrement sur cette page, et de craquer pour 30 petits euros !

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