Rédigé par Schlaq, en un coup de vent
28/05/2008
Autant attaquer ce test par le défaut majeur du jeu puisque tout s’articule un peu autour : la durée de vie ! En effet, en prenant son temps, il faut en gros trois heures pour finir le jeu … c’est peu, très peu même ! C’est très court et c’est bien dommage, d’autant que la re-jouabilité est quasi nulle : il vous faudra bien moins de 2h lors de votre deuxième partie pour finir ce pan de la série. Série ? Ben faut croire ! Une suite est prévue comme l’a annoncé Frontier (le développeur) et comme le laisse clairement suggérer la fin du jeu… Bref, payer 10€ (1000 points Wii) pour jouer trois heures et se taper un beau « A suivre » en fin de partie, ça fout, il faut le dire, bien les boules. C’est à la limite du scandaleux surtout quand on accroche à un tel univers…
Malgré ce défaut majeur, on remarque facilement qu’on ne peut pas vraiment reprocher autre chose au jeu… voyez donc pourquoi !
Le scénario est, vous vous en doutez, très peu développé (en même temps, faire un truc conséquent en trois heures est juste impossible). Vous vous réveillez au milieu de nulle part (comme c’est original) et trouvez comme par hasard un esprit dans un état soit disant pas tip top (c’est là que le hasard fait bien les choses : un esprit dans un sale état attend depuis de nombreuses années, et c’est vous qui le trouvez, le petit chanceux^^).
Cet esprit va ainsi vous expliquer les raisons de son état et vous dire ce qu’il faut faire. C’est alors que vous rencontrez un vieux ressemblant à Merlin l’enchanteur, celui-ci doit recouvrer la mémoire grâce à votre aide pour empêcher tout un tas de misères dans le monde. Comme pour beaucoup de jeux de plate-forme, le scénario n’est donc qu’un prétexte pour vous faire voyager à droite ou à gauche, et en trois heures de jeu, on a pas vraiment le temps de s’attarder sur des détails scénaristiques : pas de rebondissement, pas plus de cinématiques (sauf l’intro et la fin de jeu), pas 36 personnages et pas beaucoup de dialogues, le strict minimum quoi ! Faut quand même noter que la fin du jeu fait un peu avortée, une fois le boss de fin battu, on vous raconte la fin de l’histoire sans que vous ayez besoin d’y jouer (en même temps, c’est très résumé comme fin) puis le fatal « à suivre » arrive… frustrant !

La partie basse du village du jeu, rien que ça !
Pourtant, malgré la faible durée de vie et un scénario très faiblard, l’univers créé est vraiment réussi et on s’y accroche très facilement ! La réalisation globale y est évidemment pour quelque chose mais on sent bien qu’il y a quelque chose de magique, d’envoutant… C’est tout bête mais y’a certains jeux où on se sent bien, ici c’est le cas, pas assez longtemps malheureusement. Artistiquement le jeu est vraiment réussi : c’est poétique et on y veut y revenir, sauf que la durée de vie nous en empêche, à moins de recommencer le jeu T_T.
Côté réalisation, on note que le jeu est sublime, y’a pas vraiment d’autre truc à dire ! Putain, c’est vraiment beau ! Les décors, bien que redondants (j’aurais tellement voulu voir de la montagne et du désert, et non pas que des plaines et autres grottes), sont vraiment très jolis : modélisation sans grand défaut, couleurs bien choisies et bonne visibilité font de LostWinds un jeu agréable à voir. Mention spéciale aux arbres vraiment somptueux… en fait non, tout l’ est^^ Les décors, et même les autres personnages réagissent au vent que vous créez avec la wiimote (j’y reviendrai) : les herbes bougent, les feuilles aussi, les adultes crient et les enfants gloussent quand vous les troublez avec la wiimote, et ça, ça reste un atout.
En ce qui concerne votre personnage, Toku pour les intimes, le chara-design, est euh… inhabituel mais pas pour autant pourri (je sais que vous l’avez pensé en lisant « inhabituel », non mais !). C’est mignon et le tout forme quelque chose d’homogène et vraiment réussi. J’ai noté ici ou là quelques bugs de collision mais franchement, rien de grave ! En fait, je crois bien que ça l’a fait qu’en « volant » contre une falaise, c’est dire si c’est rare !

Même en anglais, c’est du gâteau.
Les musiques, elles, sont superbes aussi, seul hic, c’est qu’il y en a que très peu… Elles restent calmes, ce qui colle bien a l’univers, mais elles sont surtout agréables à entendre ! Un vrai régal ! En trois heures de jeu (oui, j’en reviens toujours là^^), on ne peut pas reprocher le manque de musiques variées, c’est juste dommage que le jeu n’ait pas été plus long pour en découvrir d’autres, car faut le dire, y’en a pas des masses ! Les sons sont pas franchement mémorables mais restent assez marrants quand il y en a. Comme toujours, ça colle parfaitement au jeu.
Jouer au jeu est plaisant, pas longtemps, mais le plaisir est là ^^ ! Découvrir ce petit bout d’univers est vraiment jouissif et encore une fois, on peut regretter que ça soit si court.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la jouabilité du jeu est le plus gros point fort de ce WiiWare ! Vous contrôlez Toku avec Wiimote et Nunchuk en mains et partez dans cette petite aventure pour sauver le monde et résoudre certaines petites énigmes. Deux boutons (A et Z), le stick, la gâchette B et les mouvements de votre bras/main suffisent pour venir à bout de la menace qui pèse (on exclue la croix qui sert juste a zoomer, et donc qui sert à rien ^^). Le stick ne sert qu’à déplacer à droite ou à gauche votre perso tandis que la wiimote servira à exécuter certains pouvoirs de l’esprit pour faire avancer Toku : vous contrôlez le vent qui vous aide tout le temps. Utile pour sauter ou planer dans les airs ou encore diriger l’eau et le feu ! C’est ultra simple mais aussi ultra maniable, et ça apporte un peu de fraicheur dans les jeux vidéo. Une très bonne jouabilité 2D en somme !
Parlons-en des pouvoirs ! Vous les récupérez au fil de votre maigre aventure et ils vous permettent de faire toujours plus de choses : sauter plus haut, plus loin, utiliser des objets (rochers par exemple) pour détruire certaines portes ou encore blocs de glace… Autant de choses nécessaires pour avancer dans votre quête. C’est d’ailleurs rigolo puisqu’un des objets ressemble à une noix de coco trouée et émet un bruit semblable à celui que fait une flûte de pan… c’est tout con mais assez joli pour être écrit :-D.
Avancer dans le jeu n’est pas une chose très difficile tant les ennemis sont peu nombreux et surtout très peu efficaces. Cette facilité n’arrange rien dans la durée de vie déjà réduite par la taille du monde à explorer. Perdre des vies est plus dû à des chutes trop brutales qu’on n’a pas su contrôler (ce qui est possible) plutôt qu’a des ignobles monstres qui tueraient en deux mouvements. Encore une fois… dommage !
Heureusement, votre rythme sera ralenti par les quelques petites énigmes, hélas pas bien difficiles non plus du style « aller chercher un objet pour casser une porte, celle-ci protégeant la chose qui vous permettra d’avancer… ». Pas du tout compliqué, peut être plus pour les plus jeunes, mais pour les autres, le temps de réflexion ne sera pas utile puisque, la solution sera toute trouvée.
Là où les développeurs ont su rallonger artificiellement la durée de vie du jeu, c' est le petit challenge presque imposé pour ne pas trop regretter ses points dépensés : retrouver les quelques statuettes cachées un peu partout dans le jeu… Encore une fois, les trouver reste très facile et leur petit nombre ne permet pas de prolonger éternellement ce rêve qu’est LostWinds. C’est regrettable mais en foutre dans tous les coins du jeu aurait été absurde.

C’est mignon, vous trouvez pas ?
Enfin, il existe un mode deux joueurs assez anecdotique puisque le deuxième joueur devra « aider » le premier avec une deuxième wiimote (sans nunchuk). C’est presque inutile (comme dans Super Mario Galaxy) mais ça a le mérite d’être souligné. Du coup, y’a plus de vent à l’écran quoi… mais c’est tout ! Bref, il s’agit là d’une option un peu cachée vu que c’est pas vraiment dit dans le jeu, et c’est dommage, malgré le peu d’intérêt que représente ce mode multi.
Au final, le jeu regorge de bonnes idées et le vent est vraiment bien utilisé ce qui fait que Lost Winds dispose d’une très bonne, même excellente, maniabilité. Certains voient des références à Okami auquel je n’ai pas joué, perso, le jeu me fait penser de loin à the The Legend of Zelda : Wind Waker que j’avais énormément aimé. Autre petit détail, Nintendo s’amusait à mentionné que leu jeu était en anglais… Même si cela n’aurait pas été un gros problème vu la faible quantité de texte, on peut que dire un truc : c’est FAUX ! Le tout est dans notre langue et donc y’a rien de plus abordable… à moins que vous n’ayez pas de bons yeux puisque c’est écrit en petit :-D.

Tu pouvais pas perdre la mémoire plus longtemps ? Crétin !
Schlaq