Final Fantasy 7 : la version N64 ?

Minute du Prof par sknot, le

Premier Final Fantasy en 3D mais aussi premier à ne pas voir le jour sur une console Nintendo, à quoi aurait pu ressembler ce Final Fantasy VII s’il était sorti sur N64 ?

La plupart des gens le savent, la décision de Nintendo de garder le support cartouche pour sa Nintendo 64 a été à l’origine d’un contentieux durable entre lui et Squaresoft (devenu par la suite Square Enix). Ce choix était officiellement motivé par une volonté de conserver des temps de chargement très faibles, à l’inverse des jeux sur support optique.
Si cet argument est en effet totalement valable (ce n’est pas la PSP qui me contredira), c’était aussi l’occasion pour Nintendo de faire payer aux développeurs des royalties conséquents, là où le développement sur CD-ROM ne demandait qu'un faible investissement puisque le coût de fabrication de ce support est très limité.

En plus de ça, le CD-ROM permettait l’implémentation de beaucoup plus de données et en particulier de cinématiques. Square cherchant à développer une approche cinématographique et plus accessible au public occidental, le studio claqua la porte à Nintendo sous le flot d’injures d’Hiroshi Yamauchi, pour se tourner vers le nouveau venu dans le marché du jeu vidéo, Sony.

Cette décision coûtera cher à Nintendo (tout comme celle de laisser tomber le projet Super Nintendo Play Station), puisqu’après 6 Final Fantasy exclusifs, plus aucun épisode de la série principale ne sera à ce jour développé pour Nintendo.

Ce qui est beaucoup moins connu en revanche est la démonstration vidéo de ce qu'aurait pu (dû ?) être Final Fantasy 7 sans le mauvais caractère du regretté –par moi en tout cas– Hiroshi Yamauchi. Cette démo a été présentée en août 1995 à une sorte de congrès de la CG, le SIGGRAPH, et montrait des personnages de FF6 se battant contre un Golem de pierre.

On découvrait donc Terra (en strip-teaseuse d’un goût douteux), Locke et Shadow, sous un tout nouveau jour avec une 3D franchement impressionnante et une caméra très active. Aujourd’hui c’est monnaie courante dans les Final Fantasy mais à l’époque ça tranchait avec les plans fixes auxquels Square nous avait habitués depuis 1987. On pouvait en outre voir des effets de magie très réussis et l’invocation de Bahamut par Terra.

A l’époque, le gros des informations qui parvenait aux joueurs était relayé par les magazines (l’explosion d’Internet n’ayant pas encore eu lieu), et c’est ainsi que ce petit trailer devint pour tout le monde la preuve du développement d’un nouveau FF sur Nintendo 64. S’ensuivirent beaucoup de rumeurs très souvent fausses mais jamais démenties qui aboutirent au sentiment de trahison lorsque Square annonça Final Fantasy 7 sur PlayStation.

En réalité, il n’a jamais été question d’un hypothétique FF7 dans cette démo, comme le montrait clairement le titre de la présentation : Final Fantasy VI: The Interactive CG Game. Il n’a jamais non plus été réellement question de faire tourner ce jeu sur Ultra 64 (nom de code de la future N64), puisqu’il utilisait en réalité une station Silicon Graphics comme support.

Mais Nintendo s’étant associé avec Silicon Graphics pour développer le moteur graphique de l’Ultra 64, on devine la suite du raisonnement général. Hironobu Sakaguchi (créateur de la série) déclarera plus tard :

« A ce moment-là, nous n’avions pas encore clairement décidé à quoi devrait ressembler le RPG nouvelle génération. On a alors réalisé une démo de phases de jeu en CG pour la présenter à la conférence [le SIGGRAPH]. L’accent était mis sur les scènes de combat, entièrement en temps réel et utilisant uniquement des polygones. C’est devenu le précurseur de Final Fantasy VII et c’est à ce moment-là que nous avons décidé d’utiliser la CG comme base pour ce jeu. »

La légende est cependant restée vivante puisqu’aujourd’hui encore, la plupart des sites Internet parlent de cette présentation comme d’un jeu N64 abandonné au profit d’un FF7 PlayStation. L’avenir dira si cette démo (qui était jouable !) sera un jour mise à disposition du grand public.

Numéro de mai 1996 dans lequel on peut lire :
« Croyez-le ou non, c’est en fait un petit jeu très sympa (et totalement jouable). A la place du menu habituel, on contrôle les personnages en dessinant des formes avec la souris (une étoile pour la magie, par exemple). »