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Super Smash Bros. for Nintendo 3DS

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Alors que la série est très populaire depuis Melee sorti en 2001, ce Super Smash Bros. for Nintendo 3DS, que l’on va abréger en Smash 3DS, est le premier épisode à sortir sur console portable malgré les parcs installés colossaux de Game Boy Advance et Nintendo DS. Est-ce que ces deux consoles auraient pu faire tourner un Smash tout en 3D ? Certainement pas ! Nintendo aurait sûrement pu sortir une version 2D, mais cela aurait obligé les équipes à repartir de zéro car la physique et l’inertie n’auraient pas pu être les mêmes avec des sprites. Nous avons donc attendu cette version nomade durant 13 ans, temps durant lequel Sakurai a dû refuser le compromis d’une version rabotée n’offrant pas une expérience Smash Bros. complète et répondant à ses exigences. La 3DS est donc la première portable à accueillir la grosse baston de Nintendo. Reste à savoir si la console a su se monter à la hauteur d’un jeu aussi ambitieux et adulé. Attention spoilers !

Super Smash Pocket

De la méfiance. C’est le ressenti qu’ont eu beaucoup de personnes à l’annonce de cette version portable, après ben sûr l’euphorie provoquée par l’annonce d’un nouveau, bien qu’inévitable, Smash Bros. Les jeux de combats ne se sont jamais vraiment illustrés sur console portable, il serait même plus juste de dire que le genre évite ces consoles. Dans les ténors que sont Street Fighter, Soul Calibur, KoF, Guilty Gear et autres séries de Capcom/SNK, toutes ne se sont que timidement aventurées sur support nomade, dans des versions adaptées d’un jeu salon existant déjà. Il faut dire qu’à la grande époque, dans les années 90, les consoles portables étaient du 8-bits en noir et blanc qui plus est pour la plus vendues d’entre toutes. Pourtant, même la GBA et la DS n’ont pas eu les égards d’un jeu de baston digne de ce nom.
Ce Smash Bros. fait-il office de précurseur ? Pas vraiment. Ayant été développée conjointement avec la version Wii U, on y trouve des similitudes, à commencer par les personnages. S’arrêter là serait cependant injuste par rapport au travail d’orfèvre qui a été fait pour que ce Smash Bros. 3DS soit le premier vrai jeu de baston sur portable, un jeu riche, ambitieux, réalisé sans concession et avec son propre contenu !

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Commençons donc avec le plus important, le feeling du jeu. Cette maniabilité qui a créé un tel gouffre entre Melee et Brawl, bien que ce dernier soit sur de très nombreux autres points supérieur à son ainé.
Si je pense qu’il faudra attendre de pouvoir mettre la main sur la version Wii U pour se faire un véritable avis, manette Gamecube en main, Smash 3DS donne un bon aperçu de ce qu’on aura. Comme cela a été dit, c’est un mix entre Melee et Brawl en terme de physique et d’inertie. Il faut comprendre par là que l’aspect flottant des personnages est toujours présent, mais qu’il est moins présent que sur Wii, ce qui permet d’être plus précis, notamment avec les attaques aériennes.
Si les différences de gameplay avec le précédent sont de l’ordre du détail à part pour le joueur expert, c’est davantage sur son support que je vais m’attarder. Après tout, pour la plupart d’entre nous, c’est la première fois que l’on nous force à quitter notre chère manette Gamecube (encore une preuve que le joueur Nintendo n’aime pas être bousculé) et toutes les inquiétudes se sont centrées sur cette pauvre 3DS.
Nous nous en doutions, mais le premier élément gênant est la taille de l’écran. Bien que les arènes soient moins étendues, ce qui évite le dézoom que l’on pouvait avoir dans le New Pork City de Brawl, les personnages sont tout de même parfois trop petits, ce qui nuit non seulement à la lisibilité, mais aussi à la précision et le timing des attaques. Une 3DS XL est donc préférable pour mieux apprécier le jeu, l’écran étant quasiment deux fois plus grand. Ce problème est en revanche moindre face à celui du stick de la console, la fameuse pastille, qui vous posera des soucis de dosage entre le A+côté normal et le smash chargé. C’est agaçant.

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Rassurez-vous, ces deux points ne représentent rien face à l’énorme travail effectué pour que cette version 3DS ne soit pas une sous-version comparée à la Wii U. Certes, on pourra dire que la manette GC et la HD valent tout le reste, mais pouvoir proposer un Smash dans sa poche, disponible à tout moment avec un tel niveau de qualité, c’est une prouesse technique. Le jeu est beau, toujours fluide malgré les nombreuses animations à l’écran, avec de belles interfaces (ce qui est rarement le cas sur portable) et surtout très riche en contenu. Contrairement à d’autres éditeurs qui n’hésitent pas à bâcler certaine versions de leurs jeux, Nintendo et la bande à Sakurai n’ont pas voulu ternir l’image d’excellence de Smash Bros. sur l’autel du profit. Cette version est finalement complémentaire à l’autre et fera le bonheur des joueurs nomades.

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La grande réunion Nintendo

Lors des différentes interviews auxquelles Sakurai a répondu, il a souvent mentionné la pression énorme du choix des personnages. Si les vedettes que sont Mario, Link et Pikachu n’ont pas trop de soucis à se faire, qu’en est-il des autres et surtout des nouveaux personnages à inclure !

Pour les nouveaux arrivants, nous sommes gâtés, avec pas moins de quinze nouveaux personnages. Les choix sont cohérents en ce qui concerne les licences, mais beaucoup possèdent une particularité qui les rend tout de suite atypique en remplissant de ce fait pleinement la nouvelle manière de jouer symbolisée par un personnage.
Mon coup de cœur va directement au duo Duck Hunt qui, en plus d’être drôle, amène des coups spéciaux intelligents, subtils et en parfaite cohérence après l’esprit de leur jeu, ou du moins du Zapper NES. Nous avons ensuite Harmonie et Shulk, deux personnages ingénieux qui demandent du temps avant d’être pleinement maîtrisés. Pac-Man et Mega Man, deux symboles d’un temps révolu dont la palette de coups efficaces est un bel hommage à leur série. Little Mac, un des premiers combattants possédant un réel décalage entre les attaques au sol et aériennes. Enfin, Daraen, Bowser Junior, l’entraineuse Wii Fit et le villageois, qui se font une place intéressante pour peu que l’on sache apprécier les originalités de leurs séries.
Malheureusement, d’autres n’ont pas eu autant d’égard. Personnellement, Amphinobi est une déception. Non pas qu’il est nul, loin de là, mais ce n’est qu’un Pokémon supplémentaire n’apportant au final pas grand chose de plus qu’un mélange entre Sheik et Lucario. Lucina et Dark Pit ne sont eux que de vulgaires clones avec quelques spécificités et différences, tout comme le Dr Mario, ressuscité de Melee sans doute grâce à son lot de fans.

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Globalement ce Super Smash Bros. amène une foule de personnages, quinze de plus par rapport à Brawl, d’une très belle manière. C’est encore l’une des grosses forces du jeu. Il concentre à la fois les meilleurs vétérans, mais des petits nouveaux très fun à jouer. Ce casting est pour ma part le meilleur de la série et de très loin.
Cependant, certains ont également été mis à la porte, comme Lucas ou Wolf, mais aussi le dresseur Pokémon, dont le seul rescapé de l’équipe est Dracaufeu, qui n’est pas le meilleur des trois selon moi. Si ces derniers peuvent éventuellement apparaître grâce à un DLC ou deux, Les Ice Climbers, virés à cause d’un soucis technique sur 3DS ne seront à priori jamais de la partie.

La grosse nouveauté apportée à ce Super Smash Bros est la personnalisation des personnages. En plus de pouvoir modifier la portée, la puissance ou la rapidité des stars de Nintendo et leur attaques, vous pourrez également inclure vos Miis dans le jeu ! En choisissant parmi les trois types d’avatars, bagarreur, épéiste et tireur, vous devez leur sélectionner des attaques spéciales dans un panel de quatre coups et les habiller comme bon vos semble. Non seulement ils sont balèzes, mais cela permet d’inclure dans le jeu à peu près n’importe quoi, c’est à dire vous, mais aussi Mickael Jackson ou Steve Jobs.
La personnalisation est assez sympa car elle permet d’utiliser plusieurs versions d’un même personnage et ainsi le voir sous un autre jour. Par contre, vous ne pouvez pas les utiliser contre n’importe qui online, seulement avec vos amis et ça c’est dommage.

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La réussite des personnages inédits l’est également pour les arènes. Bien qu’une bonne partie vienne directement des autres épisodes sans avoir été retouchés, ce qui est dommage et un peu nul, les nouvelles ont chacune leurs petites références au jeu. Par exemple, les stages New Mario Bros 2 et Pac-Man vous mettent pièces et Pac Gum à disposition, permettant de devenir un peu plus fort une fois changé en or ou devenu un repoussoir à fantôme. Beaucoup d’arènes modifient constamment leur apparence pour se renouveler, ce qui est aussi un bon point.
Les développeurs ont même pensé à ceux qui n’aiment pas les terrains vivants ! Chaque arène possède son mode Destination finale en appuyant simplement sur une touche lors de la sélection de celle-ci. Cela permet au moins de changer de décors.
Le point dommageable, c’est que malgré la reprise telle quelle d’anciennes arènes (Brinstar de Melee fait peine à voir), le nombre total de niveaux est moins important que dans les précédents jeux. Est-ce dû à une limite d’espace de la 3DS ? Attendons de voir combien ils vont nous en proposer en DLC.

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Plein à craquer

Contrairement à la plupart des jeux de combats qui se contentent d’un mode arcade et multijoueurs, Super Smash Bros. est à chaque fois un festival de contenu, tout comme l’est également Kid Icarus Uprising, le récent jeu dirigé par Sakurai.

La version 3DS est également pleine à craquer de mode de jeu et trucs à débloquer, même pour celui qui y jouera tout seul.
Nous retrouvons les habitués de la série, le mode classique, équivalent du mode arcade, mais aussi des mini-jeux dits « de stade », comme le Home-run et le Smash en masse. En revanche, le sympathique jeu des cibles a été transformé en un mélange assez nul entre le Home-Run et un Angry Birds. Vous avez deux essais pour envoyer une bombe péter toutes les cibles à l’aide d’un smash. Un plus de faire doublon avec le mode de jeu cité au-dessus, il n’y a ici plus l’épreuve de vitesse et de maîtrise que demandait l’ancien mode des cibles. Dommage.
Le mode All-star est quant à lui disponible dès le début du jeu et propose un déroulement assez intéressant. Vous n’affronterez plus les adversaires au hasard, mais dans l’ordre de leur création ! Les premiers seront donc Pac Man et Mr Game & Watch et ainsi de suite jusqu’à Harmonie et Daraen.

Tout ça, vous le connaissez déjà. Ce qui est plus intéressant, c’est le nouveau mode Aventure Smash créé pour l’occasion. Si l’émissaire subspatial (c’est quoi ce nom ?!) de Brawl était une bonne idée sur le papier, cela s’est révélé un peu creux en pratique. Heureusement que les vidéos étaient là. Ce nouveau mode est à peu près identique, mais encore plus vide que celui de Brawl ! Vous êtes lâché dans un immense complexe fermé et vous devez taper différents ennemis pour récupérer des bonus d’attaque, saut, vitesse et autres. A la fin du temps imparti, vous vous retrouvez pour un match aux règles particulières ou alors une course au premier arrivé.
Cela reprend donc grosso-modo les traits de l’émissaire subspatial mais sans le fan-service Nintendo. Je vous laisse en tirer vos conclusions…

Je déplore également la disparition du mode « Event », qui était à mon sens le meilleur et le plus varié dans ce qui nous est proposé en solo.

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Heureusement, l’univers Nintendo reste évidemment très présent dans le jeu et nous retrouvons le lot de trophées à débloquer un peu partout dans le jeu. Il y en a une bonne fournée, car ils sont même allés jusqu’à ajouter les univers des personnages « guest » que sont Sonic, Mega Man et Pac-Man, mais également des objets, arènes, jusqu’aux positions yoga de l’entraîneuse Wii Fit. Le perfectionniste en a donc pour un bon moment.

L’univers Nintendo est surtout sublimé par une bande-son magistrale digne du travail effectué sur Brawl. Certes, beaucoup de thèmes sont directement repris de cet épisode, mais les musiques originales, à commencer par celle du menu, sont excellentes. Reprises par des grands compositeurs du milieu vidéo-ludique japonais, les thèmes des différentes séries sont retravaillés avec la patate nécessaire qu’il faut à un jeu de combat sans les enlaidir, bien au contraire. Du jazz manouche de la vallée Gerudo, à l’énième remix de Mute City, en passant par les excellents morceaux rock de Mega Man (celui de Air Man mérite une statue) et Mario Kart. Le jeu nous ferait même aimer New Super Mario Bros 2 et Zelda Spirit Tracks ! Kid Icarus se fait également plaisir avec de nombreux thèmes, sans pour autant inclure l’original qui était pourtant très bien. Seul Pikmin n’arrive toujours pas à s’adapter et pourtant Animal Crossing l’a très bien réussi.
Dans le menu des musiques, vous pouvez même activer un mode baladeur pour écouter les musiques au casque une fois la console en veille. Ils ont pensé à tout !

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A plusieurs, c’est meilleur

Bien entendu, Smash Bros., c’est comme Mario Kart : c’est meilleur à plusieurs ! Et comme d’habitude, nous sommes gâtés.

Inutile de s’attarder sur le mode Smash, le cœur même du jeu, qui vous permet de jouer à quatre selon les règles de votre choix. Il est là depuis le tout premier épisode et son fonctionnement n’a pas changé d’un iota. Tant mieux.
La seule différence, et de taille : vous pouvez désormais y jouer partout durant vos déplacements, sans avoir à prendre de manette, votre Gamecube (par la petite poignée !) et encore moins votre téléviseur, ce qui peut être assez encombrant. A vous les joies d’un Smash fonctionnant à merveille lors d’un voyage en train, d’un trajet de voiture, d’un passage aux toilettes lors d’un repas de famille un peu long, etc. C’est encore une fois le plus gros point fort du jeu, son support et le fait que le jeu tourne parfaitement dessus en procurant les mêmes sensations que dans votre salon.
Enfin, il ne faudra tout de même pas oublier vos chargeur et une prise de courant, parce que la 3DS ne tiendra pas le trajet Paris-Toulouse, encore moins avec le mode sans fil activé.

Ah ! Vous pouvez aussi faire du Aventure Smash à plusieurs, mais quitte à se battre, autant aller dans le mode Smash, non ?

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Au delà du mode local, le meilleur aspect de l’aspect connectivité à mes yeux est la présence d’un mode online digne de ce nom. Tous ceux ayant testé celui de Brawl se souviennent de la catastrophe que c’était. Impossible de faire une baston sans que cela rame au possible et les serveurs ont vite été désertés.
Ici, c’est encore malheureusement un peu le cas, mais tout dépend également de la connexion du mec en face. Dans Mario Kart 7 par exemple, qui reste « fluide » en toutes circonstances, la console va tricher sur la position des concurrents. C’est ce qui explique pourquoi, parfois, lorsque vous tirez sur un type, son animation « touché par une carapace » se déclenche alors que sa vitesse ne diminue pas. C’est simplement parce que le mec, chez lui, n’a pas été touché. Dans Smash Bros, cette triche ne peut pas être permise, donc en cas de mauvaise connexion empêchant la communication des données, le jeu rame.
Cependant, avec de bons gars, c’est un véritable plaisir ! Avoir de vrais concurrents n’importe où à n’importe qu’elle heure au prix d’une connexion Internet est fabuleux. Je sais que cette phrase donne un peu l’impression que je suis resté bloqué en 1999, mais nous parlons de Smash Bros., depuis combien de temps attendons nous de pouvoir jouer online ?!

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De plus, les développeurs n’ont pas fait les choses à moitié. De nombreux modes sont disponibles au delà du mode Smash qui se décline en ligne lorsque vous jouez entre amis. Avec des inconnus, deux façon de jouer s’offrent à vous. La méthode « Pour le fun » consiste à jouer avec toutes les possibilités du jeu dont terrains originaux et objets, où l’on peut choisir de jouer chacun pour sa pomme ou en équipe. Pour les compétiteurs qui ne jurent que par la technique, le mode « Pour la gloire » fait son apparition officielle dans Smash Bros. Ici, que de la Destination Finale et pas d’objets, la chance n’entrera donc pas en compte.

Ce mode online est vraiment une merveille. Il a été conçu pour tous types de joueurs, même ceux qui aiment regarder les performances d’autres. Le mode spectateur vous permet ainsi d’assister à des matchs, tout en pariant sur le gagnant.
Personnellement, je lui regretterais juste le manque d’une carotte, comme celle du score de Mario Kart. Mais c’est un détail.

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En bref :

J’aime :

  • Un Smash Bros. portable.
  • Le casting et surtout les nouveaux.
  • Aucune concession technique.
  • L’excellente bande-son.
  • Le mode en ligne.
  • Smash Bros.

J’aime pas :

  • L’aventure Smash creuse.
  • Beaucoup de reprises en arène et en musique.
  • Le stick de la 3DS.

Nous l’attendions depuis longtemps et il remplit son contrat. Pour sa première excursion sur console portable, Super Smash Bros. fait très fort. En plus de proposer une expérience similaire, à un détail près, à la console de salon, le contenu que propose ce jeu est juste hallucinant. Je ne saurai pas vous dire si cet opus portable est une sous-version ou un apéro de ce que sera la version Wii U, mais entre les cinquante personnages jouables, un bon mode online et un gameplay au poil, ce Super Smash Bros. for Nintendo 3DS est de toute façon un excellent jeu à posséder sur la console, pour peu que vous vous déplaciez souvent.

Voir aussi :

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