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Last Window : Le secret de Cape West

Le

par

Vous vous rappelez d’Another Code : Mémoires Doubles ? Vous savez ce jeu qu’était « pas mal » mais extrêmement court ? Bah Cing, le studio qui s’est occupé du jeu, est revenu sur Nintendo DS quelques années plus tard avec Hotel Dusk : Room 215 ! Un jeu beaucoup plus travaillé, avec un scénario au top, des perso super… Bref, un jeu que j’ai vraiment adoré. Un soft de ce genre ne pouvait pas s’arrêter là ! Cing nous propose alors Last Window : Le secret de Cape West, la suite des aventures du fringuant Kyle Hyde. Enfilez votre costume, prenez votre valise, nous allons ensemble tenter de déjouer les secrets de la résidence Cape West !

Histoire et personnages

Dans ce genre de jeu, le scénario reste le point important de l’histoire. Étant adepte de la phrase « c’est dans le manuel donc ce n’est pas du spoil », voici grosso modo le topo de départ.

Vous êtes Kyle Hyde, ancien flic de Manhattan ayant décidé de raccroché, devenu représentant pour une compagnie de produit ménager, Red Crown. Un jour comme tant d’autre, le 18 décembre 1980, avec autant de chance qu’un canari dans le ventre d’un rominet, vous vous réveillez après une sieste – bien longue – dans votre voiture et vous décidez enfin à appeler votre Boss, Ed, après 2 jours sans lui avoir donné de nouvelle. Trop long pour votre patron, vous êtes… foutu à la porte. Et comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seul, à peine rentrer chez vous que vous apprenez que la résidence Cape West – là où vous habitez – va être rasé. Comme quoi, tout va pour le mieux. Voilà pour l’intro.

Ce qu’il faut savoir maintenant, c’est que, bien que suite direct d’Hotel Dusk : Room 215, il n’est pas obligé d’avoir joué à celui-ci pour comprendre. Même si je vous invite (ou plutôt force, l’arme sur votre tempe faisant foi) à jouer au premier, cela n’est pas nécessaire. Vous aurez seulement plus de surprise si vous n’avez pas joué au premier à certains moments, mais vous ne serez pas perdu.

Autre chose, la traduction française est extrêmement bien faite. Pour vous donner un exemple, sachez qu’il y a un français dans le jeu. Or, lors de la première rencontre, en version Amerloche (je pipe rien au Jap’, donc je n’ai pas vérifié), il dit « Bonjour », chose que Kyle ne comprend pas. Et bien dans la version Française, ce passage qui n’aurait voulu rien dire a été supprimé. Autre chose, les étages au USA commencent au 1er, et pour le RDC chez nous. Et pour rendre le cachet plus authentique dans le jeu, les étages sont donné à l’Américaine, mais avec une phrase qui change tout, qui dit « [le second] ou le premier étage sur le vieux continent ». Et on pourra dire ce que l’on veut, ça renforce encore plus l’immersion.

Une petite présentation des personnages s’impose !

Tony : C’est un peu le poto de la résidence (il ressemble d’ailleurs beaucoup à Louis du premier opus). C’est un musicien un peu dans la dech qui a vraiment du mal à joindre les deux bouts. Il n’hésitera pas à tenter les pires combines pour gagner quelques billets. Mais au fond, ça reste un brave gars qui essaye juste de s’en sortir comme il peut.
Dylan : Lui c’est du lourd. Si j’ose dire. Nan, sérieusement, ce type est le résident le plus lourd de Cape West, vous comprendrez très vite ce que je veux dire. Il est le plombier/homme à tout faire de la résidence et il en profitera pour fourrer son nez partout où il pourra. Il peut pas s’en empêcher et c’est ultra chiant !

Sydney : Probablement l’un de nos résidents préférés. C’est le gérant du Lucky’s Café et c’est un homme très agréable qui ne veut que le meilleur pour son commerce et pour ses clients. Amateur de café, il n’hésitera pas à venir s’entretenir avec vous pour savoir ce que vous avez pensez du café du jour.
Claire : C’est la fille de Sydney et comme son père c’est quelqu’un de très bien ! Elle est adorable. Elle travaille dur au café, et prépare avec amour tous les petits plats que l’on lui commande. Ça c’est une femme comme on les aime… dans la cuisine. (sexisme off)

Marie : Une femme qui reste assez à l’écart des autres. Et quand elle fait surface, c’est pour se plaindre qu’on lui vole des objets… Mais est-elle vraiment une chieuse ?
Frank : Chaque résidence a besoin d’un vieux crouton râleur. Et Frank est là pour ça ! Pas très agréable, ce vieux type ne trouve rien de mieux à faire que de se balader dans les couloirs la nuit, ça a tendance à ennuyer le reste de la résidence.

Betty : C’est une femme très à la mode et peut-être un peu superficielle. Elle reste néanmoins quelqu’un de sympathique. Tony a des vues sur elle mais la belle ne sort pas avec les crapauds vous vous en doutez bien.
Rex Foster : c’est le type un peu bad boy qui s’incruste à Cape West. Personne ne sait qui il est et ce qu’il veut. Il semble surveiller certaines personnes de la résidence. Mais qui est-il vraiment et que fait-il à Cape West ?

Charles : Un jeune homme français qui étudie à l’étranger. Vous remarquerez que vu qu’il est français, il doit forcément porter une chemise genre renaissance… ahah. Il a dans la tête de devenir cinéaste. Il reste cependant plutôt discret au début de l’aventure.
Mme Patrice : C’est elle qui gère la résidence. Elle a besoin de régler pleins de trucs et donc aimerait bien que tout le monde ait fini de payer. Mais « certains posent problèmes »… oui oui je parle de vous, Kyle Hyde.

Rachel : c’est le contact de Kyle avec Red Crown, c’est une jeune femme très calme et pleins de conseils. C’est elle qui se chargera de faire un peu le sale boulot de recherche. Mais on l’aime quand même !
Ed : Le patron de Red Crown. Il a concrètement le même rôle que Rachel. La féminité en moins.

Gameplay

Comme je le disais, le jeu est un roman interactif. Et vous devez donc tenir votre DS comme un roman, comme dans Hotel Dusk : Room 215. Toutes les actions de base s’effectuent au stylet. Pour les aficionados du premier opus, ce sera pas le dépaysement. La majorité du jeu se fait sur la carte de la résidence. Kyle est représenté par une flèche rouge et vous le déplacez où bon vous semble. L’écran supérieur représente la vue de Kyle grâce à une modélisation 3D de Cape West. C’est pas spécialement l’écran que l’on regarde lorsqu’on se déplace, vu que la carte indique le numéro des chambres et d’autres choses utiles. Vous avez la possibilité de vous entretenir avec toutes les personnes que vous croiserez, mais attendez vous à vous faire rembarrer pas mal de fois. Elles sont représentées par un cercle bleu sur la carte. Chaque zone importante de la carte peut être inspectée. Vous passerez alors dans un mode « inspection » (wow !) où vous pourrez passer la zone au peigne fin et sous différents angles. Chaque objet possède son petit lot d’informations et Kyle n’hésitera pas à les décrire souvent avec humour. Le jeu vous demandera de très nombreuses fois d’inspecter une ou plusieurs pièces afin d’y découvrir le petit détail qui vous fera avancer dans votre enquête. On est dans un point and click après tout.

Vous avez accès à tout moment à votre inventaire. De l’épingle au marteau, vous pourrez utiliser toutes sortes d’objets durant l’aventure. Certains objets devront être combinés cette fois-ci, afin d’obtenir des combos d’objets. Les objets peuvent être utilisé soit afin d’actionner des mécanismes, ouvrir des portes, etc… ou bien souvent comme des preuves à utiliser durant un interrogatoire : « Tu te fous pas un peu de ma gueule toi ? Et ça c’est quoi !? » ; « Han ! ». Vous en aurez souvent droit à celle là !


En parlant des interrogatoires, vous devrez faire des choix de questions ou de réponses envers la personne avec lequel vous discutez. Les questions sont par ailleurs classées dans trois catégories, les blanches, les jaunes et les rouges. Les premières correspondent aux questions que vous pouvez poser à n’importe qui, les jaunes sont celle à poser spécifiquement, mais ce sont les dernières les plus intéressantes, les questions dangereuses. Dangereuses, car peuvent provoquer un bon gros « Game Over » si vous les posez pas correctement.

Car oui, le jeu possède de rares Game Over mais souvent, bah, je dirais qu’ils sont mérités. Je m’explique. Certaines situations vous mettent en garde au sujet d’un détail. Ne pas vous faire prendre dans une pièce, ne pas insinuer des choses dont vous ne devriez pas être au courant par exemple. Si vous merdez un truc de ce genre, vous vous ferez passer un savon par Madame Patrice avant de vous faire jeter dehors et là c’est le drame. C’est le Game Over ! Votre enquête s’écroule et tout est foutu, vous pouvez vous pendre… Nan attendez, c’était une blague ! Vous avez bien sur le droit de retenter votre chance, votre erreur est plus ou moins expliquée avant le Game Over. Il vous suffit de comprendre d’où venait l’embrouille, c’est pas non plus insurmontable.

Malheureusement, tout comme Hotel Dusk : Room 215, il y a aussi des Game Over totalement débiles, disons-le ainsi, car vous ne pouvez en général pas savoir quelle seras la réaction de votre interlocuteur face à vos questions. Vous devrez donc vous y prendre à plusieurs fois pour pouvoir réussir un interrogatoire, et vous aurez donc tout intérêt à sauvegarder entre chaque question. Et ce genre de chose peut complètement vous cassez le rythme et l’ambiance.

Mais qu’est-ce qu’il me raconte cet hippie ?

Graphismes

Les graphismes de Last Window… Que dire outre le fait que ça varie du génial au moins bien ? Chaque personnage possède une assez large gamme d’expressions et d’animations. Je veux dire, il suffit de parler 3 fois à Dylan pour détester le type et ses mimiques ridicules. Ou encore de tomber sous le charme de Claire et ses clins d’œil irrésistibles. Ils ont vraiment réussi à donner vie à leurs personnages. Ces animations sont réalisées par rotoscopie, une technique qui consiste à créer une animation image par image à partir d’une séquence vidéo. C’est plutôt drôle de voir les séquences originales qu’ont utilisé Cing avec des acteurs en costumes (ça peut se trouver sur YouTube).

L’esthétique générale du jeu est très réussie, chaque personnages est différents à sa façon et on rentre bien dans certains clichés des années 80. Les différentes illustrations couleurs qui apparaissent à divers moments du jeu sont tout simplement divines. Je n’ai plus qu’à vous parler des décors… malheureusement. La 3D du jeu n’est clairement pas géniale. Les décors sont baveux et pixelisés. Quand vous rencontrez un personnage dans un couloir, c’est littéralement un morceau de carton mal imprimé. Les décors que l’ont peut fouiller sont heureusement bien mieux modélisés, avec des énigmes plutôt réussie en terme de graphismes. Mais la carte en elle même est particulièrement moche.

C’est un fantôme, j’te le dis !

Boite à musique

On pourra dire ce que l’on veut, une fois la console éteinte, vous risquez de ne pas vous souvenir d’une seule musique. Mais ça ne veut pas dire qu’elles sont mauvaises, loin de là. Celle-ci se cale parfaitement dans l’action, tendue lors des dialogues important, triste dans les moments où elle doit l’être, et calme lors des inspections. Certains morceaux du premier opus sont remixés pour notre plus grand plaisir, comme la musique du carnet (probablement le plus beaux morceaux du jeu), ou encore le thème de Rachel qui est une petite perle de sérénité et qui colle parfaitement à la personnalité de la belle.

Pourtant, un détail pourra troubler ceux ayant joué à Hotel Dusk : Room 215. Lorsque vous zoomez sur le décor, la musique ne change pas. Cela peut sembler bizarre pour ceux ayant joué au premier, mais la suppression de la musique qui recommence à chaque zoom n’est pas plus mal. Au contraire, c’est plutôt une bénédiction pour les oreilles.

Par ailleurs, je tiens à signaler une chose m’ayant marqué : les musiques sont largement meilleures sur DSi. En fait, vous supprimez tout l’aspect synthétique de la version DS quasiment. Autre point positif, les bruitages sont aux petits oignons.

C’est un fantôme, j’te le dis !

Durée de vie

C’est là où le bas blesse. Comptez un week-end pour le finir. Enfin, tout du moins si vous accrochez au jeu. Les chapitres du jeu se font en moyenne en une petite heure sans vraiment compter les passages où on peut rester bloquer. Ça parait peut-être un peu court pour un jeu de ce genre, mais c’est pas non plus honteux. En effet, le jeu en soit n’est pas court, vous mettrez une dizaine d’heure à le finir, soit 1 ou 2 h par chapitres, mais le problème de ce genre de jeu est que l’on veut la suite de suite. Ainsi, on finit par passer toute une après-midi dessus sans pouvoir décrocher, à la manière… d’un roman. Et c’est le point fort de ce jeu : vous lisez vraiment un roman.

Mais un roman à choix multiples. Même si la fin restera toujours la même, et que le déroulement restera dans les grandes lignes la même chose, vous aurez parfois des choix à faire, qui changeront une chose : le roman du jeu.

C’est l’une des innovations par rapport à Hotel Dusk : Room 215, à chaque chapitre complété, vous débloquez un chapitre du roman « Last Window », par… Martin Summer. Pour ceux ne le sachant pas, Martin Summer est l’un des protagonistes de Hotel Dusk : Room 215, un écrivain, qui, on le voit grâce à ça, a décidé de faire un roman sur Kyle. Le petit clin d’œil pour les fans.

Cependant, ce roman bien que retraçant l’histoire de Last Window avec les changements en rapport avec vos choix à l’air d’avoir été écrit par un gamin. C’est dommage.

Ce roman apporte néanmoins une chose essentielle. Vous êtes bloquez dans Last Window ? Une énigme vous donne du fil à retorde ? Et bien réjouissez-vous, à la fin de chaque chapitre du roman ce trouve une enveloppe scellé. Dans cette enveloppe, officiellement vous trouvez les notes de recherche de Martin, et des infos sur Kyle au passage. Officieusement, vous avez surtout dans ces infos des indices sur les énigmes du chapitre suivant, mais cachées très discrètement dans le texte, de manière à faire suite au roman. Sachez par ailleurs qu’une de ces enveloppes se trouve dans le manuel. Je vous conseille ceci-dit de l’ouvrir à la fin, car elle contient le spoil d’une énigme. Mais ne vous attendez pas à trouver la solution dans cette enveloppe, non, mais si vous résolvez l’énigme et allez sur le site indiqué avec votre portable, vous recevrez, un fond d’écran Last Window assez chicos. Un bonus bien sympatoche.

Cependant, sachez que si vous ouvrez les enveloppes, vous ne pourrez en aucun cas avoir la vraie fin du roman. Et cet épilogue permet une chose, très importante : finir réellement l’histoire.


Et c’est comme si Cing avait prévu sa fin, Last Window : Le secret de Cape West marque véritablement la fin des aventures de Kyle Hyde.

En bref…

Une sieste et j’y retourne !

HISTOIRE : 18/20
Comment passer au dessus de ce point ? C’est carrément la partie la plus positive du jeu. On s’accroche à l’histoire, aux personnages et il y a des rebondissements.

GAMEPLAY : 15/20
Le tout répond bien au stylet, il y a pas mal d’utilisations intéressantes et ingénieuses. What else?

GRAPHISMES : 14/20
Les personnages sont vraiment superbes ! Les animations en imposent et ce style griffonné colle sans soucis au jeu. On essaye juste d’oublier la 3D baveuse et la carte.

MUSIQUES ET SONS : 13/20
Certaines musiques resteront en tête mais ce n’est clairement pas l’aspect du jeu que l’on retient après l’avoir bouclé. Elles accompagnent bien le jeu et c’est tout ce qu’on leur demande.

DURÉE DE VIE : 12/20 pour les rapidos et 15/20 pour ceux qui profitent
Certains bâcleront le jeu comme un Kvew, d’autres prendront leur temps, ils feront les 2 ou 3 quêtes annexes du jeu. C’est peut-être un rien plus court qu’un point and click classique mais peut-on vraiment lui en vouloir ?

Note Finale : 16/20
Cing s’en va honorablement. Son « last » game est une petite réussite. Nous l’avons vraiment aimé dans sa globalité. Certains points sont moins réussis que d’autres mais le tout est un véritable petit hit. Le « best seller » de l’année sur DS si vous voulez notre avis !